27.6.16

Les racines du mal

"Si tu veux cacher une aiguille ne la planque pas dans une meule de foin. Cache-la dans un tas d’aiguilles." (Maurice G. Dantec 1959 - 2016)

14.5.16

La vie est bonne

Le docteur Henri Le Savoureux dans les années 20

Le docteur : "Alain, la vie est bonne."

Alain : "Dites-moi en quoi, docteur..."

24.4.16

Le testament de Jacques Rigaut

























Nouvelle dispersion dadaïste chez Sotheby's Paris en deux salves : mardi 26 avril 2016 à 14h30 et mercredi 27 avril 2016 à 14h30. Les deux catalogues papier consacrés à ces ventes sont superbes. Ils sont consultables en ligne sur le site de l'étude Binoche et Giquello. L'exposition des lots chez Sotheby's au 76, rue du Faubourg Saint-Honoré mérite le déplacement. Il vous reste une journée pour vous y rendre : le lundi 25 avril 2016 de 10h à 20h. Je suis étonné du peu de succès de ces expositions de prévente, alors qu'elle sont ouvertes à tous. C'est pourtant une belle opportunité pour voir (et caresser) des œuvres en toute tranquillité, dans une atmosphère courtoise, loin des foules qui se pressent et se bousculent dans des musées anxiogènes. De quoi s'agit-il ici? De la vente de la bibliothèque de R. et B.L. dédiée à dada et au surréalisme. Dans son papier des Echos, Judith Benhamou-Huet nous révèle l'identité des vendeurs : R pour Régine, B. pour Bernard et L. pour Loliée. Cet ancien libraire de la rue de Seine a un goût sûr concernant les œuvres dadaïstes et surréalistes. Les collectionneurs et amateurs du genre étaient d'ailleurs présents à l'exposition de prévente. Lors de ma visite, j'y ai croisé entre autres l'Américain ès dada Timothy Baum et le Français cravanesque Marcel Fleiss. Le triptyque des suicidés de la société (Rigaut-Vaché-Cravan) se trouve parmi les 496 lots. Un portrait de Rigaut, Tzara et Breton accueille le visiteur de l'exposition. Une photographie extraite du lot 349, l'édition originale d'une anthologie poétique du surréalisme (1955) par Georges Hugnet, ornée de photographies et de manuscrits collés à l'ouvrage. Le tout est estimé à 150 000 euros! Rigaut apparaît également dans le lot 240 : un envoi autographe signé Paul Eluard, estimation : 3000 euros. Enfin, le lot 444 que j'aurais aimé acheter, estimé à 2 000 euros : le très beau tirage argentique d'époque représentant le groupe dada au complet lors du fameux événement dada en 1921 à l'église Saint-Julien le Pauvre. On y aperçoit au second rang Jacques Rigaut la cigarette au coin des lèvres, l'air narquois, malgré l'ambiance sinistre et pluvieuse. Parmi les trésors de cette vente, on trouve aussi la collection intégrale des numéros de la revue Littérature dans laquelle Rigaut a publié la majorité de ses textes, estimée à 7 000 euros.
Le meilleur pour la fin qui ne concerne pas cette vente : je viens de retrouver miraculeusement une sorte de testament littéraire probablement écrit par Jacques Rigaut quelques jours avant son suicide. Je vous en offre un extrait :

"Condamné à l'élégance,

selon un courant d'air fatal,

condamné à l'élégant désespoir des jeunes gens doués,

fait à la hauteur de mon cercueil. "


(Jacques Rigaut, inédit)      

5.4.16

Enigma


Le temps des énigmes est revenu. Jacques Rigaut était un joueur. Il avait toujours un jeu de cartes sur lui. Dans une lettre envoyée à une amie, il évoque de façon sibylline un jeu, mais lequel? S'il y a des joueurs parmi vous, peut-être arriverez-vous à résoudre cette énigme? Merci d'avance. JLB


"100, 20, 12 quelques fois possible. 4 jamais. 
3 indésirable (sauf la passe). 2 éventuellement pour retrouver 1. Vers 1. " Jacques Rigaut





29.3.16

Admission


Plus de dix ans après avoir débuté mes recherches, j'ai encore le plaisir de faire des découvertes...Dans une lettre retrouvée, J.R. mentionnait un séjour hospitalier, il disait vrai, les archives ont parlé... Le responsable du service m'informe que cette admission a fait l'objet d'un classement en affaire judiciaire. Quel événement a provoqué cette admission? Ivresse sur la voie publique avec arrestation et nuit de dégrisement à l’hôpital? Peut-être qu'une visite aux archives de la Préfecture de Police de Paris me permettra d'avoir une réponse. Je retrouve l'excitation de l'enquête des premières années. Seule erreur dans la fiche d'admission : en février 1925, Rigaut n'avait pas trente ans, mais vingt-six ans. Erreur volontaire de l'intéressé ?

21.3.16

Le rideau se lève, ça nous apprendra









Le rideau se lève, ça nous apprendra 

Nous sommes donc allés au théâtre un samedi soir, pour assister à une représentation de la pièce Par-delà les marronniers de Jean-Michel Ribes sur le triptyque des suicidés de la société : Cravan-Vaché-Rigaut. Installés dans les fauteuils confortables de la salle Renaud Barrault, nous observons la salle se remplir peu à peu d'un public plutôt âgé, plutôt bourgeois. Cravan fera-t-il scandale devant ce parterre de lodens et de cheveux argentés? La salle est pleine, le rideau rouge se lève, ça leur apprendra. Ça commence dans les tranchées, avec des explosions d'obus et chants patriotiques. C'est Rigaut qui ouvre le bal des appelés. Vaché et Cravan le suivent de près. Des néons annoncent chaque chapitre. Après la guerre, l'amour, puis l'art et l'ennui, et enfin la mort. Des meneuses de revue ponctuent les thèmes façon French cancan. Gladys Barber et Mina Loy font des apparitions récurrentes. Les décors sont jolis et colorés. Tout était réuni pour passer un bon moment. Qui plus est avec trois excellents comédiens, pour les nommer Michel Fau (Cravan), Hervé Lassïnce (Rigaut), Maxime d'Aboville (Vaché), eh bien! bizarrement la mayonnaise post-dadaïste ne prend pas! On a frissonné un peu, quand une marionnette géante représentant le boxeur Jack Johnson a infligé une sévère correction au poète-boxeur Cravan, mais il faut bien avouer qu'on s'est pas mal ennuyé, même en essayant de se concentrer sur les jolies gambettes des meneuses de revue. On a souri tout de même en reconnaissant quelques bribes de textes des trois poètes. On était même un peu gêné pour Michel Fau quand imitant Cravan lors de sa fameuse conférence américaine, il nous montra son cul. On a fini par attendre avec impatience le dénouement mortel pour nos trois pauvres amis, en songeant que s'ils avaient été dans le public, ils n'auraient pas manqué de jeter sur la scène des tomates mûres, des œufs et de la farine, comme au bon vieux temps dada… Le rideau s'est enfin baissé, ça nous apprendra!